Exposition

4ème MUR : du 18 MAI au 29 SEPTEMBRE 2019

Depuis 3 ans, MEMENTO expérimente la notion de communautés éphémères dans le cadre d’expositions collectives. Le lieu devient un domaine artistique où les œuvres et les salles interagissent pour construire un environnement commun, fantasmé. Entre stigmates architecturaux et strates d’espaces, cet ancien carmel dialogue avec l’art contemporain dans une expérience immersive au cœur de la création. En posant les fondements artistiques et humains de ce « micro-onde » suspendu, il apparaît que cette approche avec les artistes, le lieu, et le public constitue une véritable communauté au sens biologique du terme. Un système au sein duquel des organismes vivants partagent un environnement commun, en interaction. En définitive, MEMENTO est un écosystème fidèle à sa définition écologique. L’interrelation entre ses zones hétéroclites et la réunion d’une biodiversité artistique favorisent le développement d’une matière sensible fondée sur l’engouement et le partage culturel.

MEMENTO #4 poursuit cette quête en affirmant cette année son biotope, c’est à dire son lieu de vie. La bâtisse est une combinaison de salles plus ou moins complexes possédant chacune une identité propre (chapelle, salon, chambre, cloître) mais indissociables de l’ensemble du bâtiment.

Les artistes sont invités à prendre part à ce petit théâtre du monde pour ensuite y convier les nouveaux acteurs : les spectateurs. Il se dégage de cette expérience un principe de « poupée russe » où la découverte s’enchaîne à travers une déambulation aussi bien mentale que physique. Un décor dans le décor, des mondes dans des mondes… où les œuvres troublent l’ordre psychique du visiteur.

Puisant dans l’origine des dioramas dont la visée était de créer par l’illusion une expérience optique, l’exposition s’envisage de scènes en scènes, plongeant l’invité au cœur d’une trame, d’une histoire commune. Ainsi, la distance entre les espaces, les œuvres et les personnes se resserre dans une intimité de la rencontre. Car il s’agit bien, ici, de favoriser le rapprochement entre ces trois protagonistes et de briser le « 4ème mur ». Initialement propre au domaine du théâtre, ce terme désigne la volonté de rompre le mur fictif entre l’étendue scénique et la zone du regardeur pour traverser la frontière qui sépare le réel de la fiction. Tout réside là… dans cette expérience immersive. L’exposition tente de rendre perceptible cette transition entre des mondes qui ne sont pas sans rappeler ce que l’on nomme en écologie le concept d’écotone¹.

Clément Cogitore, Simone Decker, Rémi Duprat, Armand Morin et Jérôme Souillot livrent, chacun à leurs manières, une réflexion sur notre rapport intime entre les mondes naturels et artificiels bâtis par notre société… Vers un écosystème «humainement modifié» !

Karine Mathieu